• Salinger 3
    Salinger 3
    2015-06-10

    vu et lu ce commentaire :

    Participation de l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) à cette consultation, par Madline REYNAUD - Directrice , le 4 juin 2015 à 18h11

    1- Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016.

    Pour 2014-2015, ce chiffre avait été fixé à 24, plafond pouvant être révisé dans la limite de 12 loups supplémentaires après avis d’un collège d’experts (CNPN – Conseil National de la Protection de la Nature).
    Cette année, une telle précaution n’est pas envisagée : le projet d’arrêté fixe d’emblée à 36 le nombre de loups qui pourront être abattus pendant la saison 2015-2016. Et ce alors que, selon les données présentées par l’ONCFS, l’effectif de la population de loups stagnerait ou serait, au mieux, en légère hausse. Une telle augmentation de près de 50% ne se justifie pas au regard de l’évolution des effectifs des loups et de l’inefficacité des ces abattages en termes de protection du bétail : 17 loups abattus officiellement la saison dernière (sans compter les actes de braconnage et les mortalités naturelles) n’ont pas permis de faire baisser les dommages.

    2- Projet d’arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup.

    De manière générale, les moyens mis en oeuvre visent principalement à ce que les opérations de tirs aboutissent à la destruction d’un loup, alors que l’effort devrait davantage porter sur la protection efficace des troupeaux. Le nombre maximum de loups pouvant être tués lors d’une saison est un plafond fixé pour que les destructions ne mettent pas en péril les populations de loups. Le nombre de 36 loups devient ici un objectif à atteindre, un « quota », alors que rien ne permet d’affirmer que la réalisation de cet objectif fera baisser les dommages attribués au loup.
    Le loup, espèce pourtant strictement protégée, est traité comme une espèce chassable, voire "nuisible", c’est-à-dire qu’il peut être détruit toute l’année et seulement parce qu’il est susceptible de causer des dommages aux activité agricoles. Les destructions peuvent désormais avoir lieu au cœur des parcs nationaux, les chasseurs sont autorisés à tirer des loups lors de leur activité de loisir, l’existence de dommages est de moins en moins un critère exigé pour justifier l’abattage de loups.

    Le ministère affiche plus encore ici sa volonté de « gérer » le problème du loup par plus de destructions et non par l’amélioration des moyens de protection. Les éleveurs, qui sont indemnisés de leurs pertes même s’ils ne protègent pas leurs troupeaux, ne sont pas incités à mieux se protéger de cette contrainte environnementale naturelle qu’est la présence du loup.
    Le message ainsi adressé au monde de l’élevage, mais aussi au grand public, est catastrophique. Le recours aux tirs ne peut permettre une réelle cohabitation entre élevage et loup. Tant que les troupeaux seront accessibles, et sauf à éradiquer cette espèce strictement protégée par la directive européenne « Habitats », ces destructions n’empêcheront pas la survenance de dommages sur les troupeaux non ou mal protégés. L’effort devrait donc être porté sur la protection des élevages et non sur les tirs et l’augmentation du nombre de loups pouvant être tués.


    Ce nouveau protocole est critiquable en ce qu’il prévoit :

    Le maintien de la notion de troupeaux « non protégeables ».
    Cette définition, qui n’en n’est pas une, est de surcroît laissée à l’appréciation des préfets. Elle est abusive car, au regard du panel de mesures de protection existantes et subventionnées, aucune situation particulière ne peut permettre de considérer qu’aucune protection ne peut être mise en œuvre.

    Une extension des zones de tirs facilités, zones dont la délimitation est laissée à l’appréciation des préfets.
    Les départements dans lesquels des unités d’actions peuvent être délimitées, au sein desquelles les tirs sont facilités, ne sont plus listés par le ministère. Les tirs pourront donc être généralisés dans les zones de colonisation récente du loup dans lesquelles les moyens de protection n’ont pas encore été efficacement mis en œuvre, et ce y compris dans les zones cœur des parcs nationaux. Faciliter la réalisation des tirs à ce stade, revient dans les faits à empêcher la présence du loup dans ces zones. Or, la législation européenne impose le maintien des populations de loup dans un état de conservation favorable, sur l’ensemble de son aire de répartition naturelle, à plus forte raison dans les parcs nationaux.

    Des destructions possibles dans les zones cœur des parcs nationaux.
    L’effarouchement par tir, et les « tirs de défense » (létaux), seraient désormais possibles au sein même des zones cœur des parcs nationaux dont les chartes autorisent la chasse. C’est le cas du Parc National des Cévennes, et pourrait potentiellement être le cas d’autres parcs qui pourraient modifier leur charte en ce sens. Cette disposition vide de tout sens la notion de parc naturel, si une espèce protégée y devient indésirable.

    La suppression de la constatation des dommages par des personnes compétentes.
    Les constats permettant d’attribuer au loup une attaque ne doivent plus obligatoirement être effectués par les agents compétents pour cette expertise (de l’ONCFS ou des parcs nationaux…). L’attribution au loup d’une attaque se fait déjà par défaut, c’est à dire, si aucune autre cause n’a pu être établie. Cette disposition va, encore, augmenter l’importance des dégâts attribués arbitrairement au loup, et donc augmenter les possibilités de le détruire.

    Des « tirs de défense » autorisés sur des troupeaux non attaqués et mis en œuvre pendant 5 ans, même sans attaque pendant cette période.
    Les tirs de défense (mis en œuvre par l’éleveur autour de son troupeau) peuvent être autorisés même si le troupeau n’a jamais été attaqué, et notamment pour les troupeaux reconnus comme « ne pouvant être protégés ». Ces tirs sont possibles toute l’année et autorisés pendant 5 ans dans certaines zones, même si aucune attaque n’est constatée tout au long de cette période.

    Des « tirs de défense renforcés » encore facilités.
    Les tirs de défense renforcés (jusqu’à 10 tireurs déployés autour d’un troupeau) peuvent être accordés pour des troupeaux non attaqués si ceux voisins - dont il n’est pas exigé qu’ils soient protégés - l’ont été. Ces tirs pourront mener à la destruction d’un nombre non défini de loups sans que ce nombre ne soit conditionné à l’importance des dommages ou aux effectifs de loups dans la zone.

    L’assouplissement des conditions de mise en œuvre des « tirs de prélèvement », l’amélioration de leur efficacité.
    Les « tirs de prélèvement », véritables battues aux loups, ne visent pas à protéger un troupeau, mais à détruire un ou plusieurs loups au hasard sur un territoire très étendu. Le recours à cette mesure inefficace est encore facilité, et les moyens pour mettre en œuvre les tirs sont développés. Ces tirs pourront mener à la destruction de plusieurs loups par opération sans que ce nombre ne soit conditionné à l’importance des dommages ou aux effectifs de loups dans la zone, et ne seront pas interrompus en cas de destruction officielle ou officieuse d’un loup dans la zone de « prélèvement ». Ces battues ne sont plus réalisées sous le contrôle de l’ONCFS mais laissées à la responsabilité des chasseurs, lieutenants de louvèterie et gardes-chasse particuliers. L’Etat se décharge ainsi de tout contrôle de la mise en œuvre de ces tirs (règles de sécurité, respect du nombre de loups à tuer, des zones de tir…).

    La généralisation des tirs de loups à l’occasion des chasses « loisir ».
    Mise en œuvre de manière expérimentale en août 2014 par Mme la Ministre de l’Écologie, la possibilité de réaliser les tirs de prélèvement à l’occasion de chasses au grand gibier, en battue, à l’approche ou à l’affut, est officialisée et généralisée.
    Malgré l’échec de cette expérimentation qui a très rapidement conduit à la destruction illégale d’un loup dans le Var, cette mesure pourra être mise en œuvre dans le cadre des « tirs de prélèvement renforcés ». Il est inconcevable, et l’expérimentation de la saison dernière en est la preuve, de laisser aux seuls chasseurs la responsabilité d’une opération de dérogation au statut de stricte protection d’une espèce dont les populations restent fragiles.
    Ces tirs peuvent être autorisés même en l’absence de troupeau, être mis en œuvre pendant 6 mois, et pourront mener à la destruction de plusieurs loups par opération sans que ce nombre ne soit conditionné à l’importance des dommages ou aux effectifs de loups dans la zone.

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  • stef20@pod.geraspora.de
    stef20@pod.geraspora.de
    2015-06-10

    La folie humaine a l'oeuvre...

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-11

    Quand le gouvernement décide une saloperie soutenue que par une minorité à propos de la surveillance généralisée sur Internet, c'est la preuve de leur malveillance à eux seuls.

    Quand le gouvernement décide une saloperie soutenue que par une minorité à propos des loups, c'est la preuve d'une folie humaine partagée de manière universelle.

    Quelle est la raison de cette différence de jugement ?

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  • Salinger 3
    Salinger 3
    2015-06-11

    "partagée de manière universelle" .Ah non, je ne veux pas choper leur folie :)

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-11

    Moi non plus, je veux pas la chopper. Je disais ça parce que c'est ce que Stef me semble sous-entendre.

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  • patient13@framasphere.org
    patient13@framasphere.org
    2015-06-11

    Bon, théoriquement ils peuvent buter le couple de loup qui s'est installé dans les Vosges, et ceci alors que les troupeaux ovins sont minuscules (mais sans doute "ne pouvant être protégés")

    J'entends déjà les chasseurs s'exciter. Ils s'étaient déjà payé les lynx à la première réintroduction, un loup ce serait un trophée de luxe

    Pendant ce temps, les dégâts de la faune sauvage (sangliers et cerfs, chiants pour les jardins mais ravageurs pour les forêts) s'aggravent d'année en année :-/

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  • Salinger 3
    Salinger 3
    2015-06-11

    Le loup aiderait bien en croquant qq sangliers ou cerfs, mais les chasseurs veulent se les garder rien que pour eux.

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  • patient13@framasphere.org
    patient13@framasphere.org
    2015-06-11

    Le loup aide par sa simple présence. Vous savez comment on a commencé à suspecter sa présence? Quand les gardes-forestiers ont remarqué que les cervidés se regroupaient en hardes plus grandes et étaient plus prudents

    Le loup maintient un niveau de stress et de vigilance sur les proies, ce qui a pour effet de limiter leurs déprédations (elles s'exposent moins et fuient plus vite), d'éliminer naturellement les plus faibles (moins de déplacements égale moins de nourriture, donc plus de mortalité) et de réguler les naissances (les petits faibles sont abandonnés et les parents se consacrent plus aux forts, ce qui améliore la survie de l'espèce)

    A côté de ça, les animaux sont tellement accoutumés à l'homme qu'ils ne s'en effraient plus. Sans compter que les chasseurs ne font que 2-3 chasses par an dans certains secteurs, ce sont principalement des riches particuliers ou des entreprises évènementielles qui possèdent les droits de chasse, d'où beaucoup de gibier facile à tirer mais un rôle de la chasse totalement dévoyé

    En conséquence de quoi, tout le monde va se mettre d'accord pour éliminer le loup, qui lui fait son boulot. Logique :-/

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-11

    Je trouve ça déprimant. En gros, tu viens de dire "ils retrouvent une vie d'angoisse dans laquelle la moindre erreur peut potentiellement être condamnée par la mort, et c'est la meilleure chose qui puisse leur arriver" sans la moindre trace d'une quelconque compassion pour eux. Et le pire, c'est que, logiquement parlant, tu as raison, puisque c'est effectivement comme ça que ça marche, dans cette bienveillante et généreuse nature.

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  • patient13@framasphere.org
    patient13@framasphere.org
    2015-06-11

    Je n'y peux rien, c'est la nature. La proie la plus fréquente, c'est un juvénile, un adorable bambin. Faute de juvénile, on mange des faibles, des malades ou des vieux. Sauver Bambi d'accord, mais vous croyez qu'il aura pitié des arbres pour autant? Et les arbres, ils ne peuvent pas fuir et ne mangent que du soleil, de l'eau et de l'air pur, eux

    je veux bien qu'on soit une vilaine espèce, mais vous avez vu le modèle parental dont on s'extrait avec peine? A ma connaissance, l'humanité est la seule espèce qui s'inquiète du sort des autres espèces et éprouve de la compassion pour elles

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-11

    On a observé quelques cas où un individu aide un individu d'une autre espèce. A chaque fois qu'il y en a un, tout le monde s'acharne à expliquer par tous les moyens qu'il est totalement impensable qu'il ait pu apporter sciemment cette aide. Comme tout le monde considère comme évident et indéniable que ce n'était pas de l'altruisme interespèce, il n'y a à ma connaissance personne qui a tenté de documenter le sujet pour en tirer une réponse autrement que par les à-priori sacralisé de la nature.

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-11

    Et honnêtement, il est déjà impossible de faire envisager l'éventuelle possibilité qu'il puisse peut-être être supposable qu'il existerait un tout petit petit bourgeon d'activité cognitive chez une autre espèce animale que l'homme à environ 2 personnes sur 3. Pour eux, c'est instinct point barre, l'animal n'est rien de plus qu'un engrenage au service du bon fonctionnement de l'ordre naturel, et oser émettre l'idée que l'instinct ne fait peut-être pas absolument tout dans la cervelle des autres espèces est un sacrilège proféré à l'encontre de Dame Nature. Donc si tu commences à parler d'altruisme entre différentes espèces, t'as pas fini de parler dans le vide.

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-11

    Et le comble, c'est qu'après, ils disent porter un respect immense aux animaux et me critiquent de leur porter rien de plus que du mépris.

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  • patient13@framasphere.org
    patient13@framasphere.org
    2015-06-11

    Oh, mais je ne doute pas qu'il y ait de l'altruisme, de l'intelligence et même de la conscience chez les autres animaux. L'humanité, c'est juste une différence quantitative (on a l'altruisme, l'intelligence et la conscience hypertrophiés), pas qualitative

    Par contre, les faits montrent que dans l'immense majorité des cas, le loup mange Bambi même s'il est mignon. Peut-être que si les animaux avaient les moyens de se sortir du cycle de la survie, ils seraient aussi plus "éveillés" (au sens plus conscients du monde et d'eux-mêmes). D'ailleurs, si les animaux qui s'associent à nous sont plus malins ou plus empathiques que la moyenne, c'est peut-être pour cela

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  • thierry3b
    thierry3b
    2015-06-11

    c'est une situation qui n'est pas simple et il est dommage de constater que les points de vues exprimés/ au loup sont très tranchés.
    Je rappelle que ce n'est pas une espèce en danger, mais plutôt en extension géographique et en expansion quantitative, par contre il y a effectivement mise en danger de l'élevage extensif ovin, préférez vous le genre ferme des 1000 vaches et l'agriculture industrielle?
    Savez-vous que d'un point de vue génétique le loup présent en France est souvent un mélange loup-chien?
    Savez-vous que d'avoir des attaques régulières en alpage par exemple, on finit par devenir jobard, à bout, etc?
    Savez-vous que du fait des attaques les brebis avortent?
    Pourquoi ce blocage fantasmatique sur la protection des loups?
    Pourquoi prendre la plupart du temps bergers et éleveurs pour des idiots, des feignants et des profiteurs?
    "si je m'appelais Monsanto, je dirais: merci les loups, grâce à vous, je peux gagner des territoires, de la tune car tout le monde vous regarde et oublie de me voir" extrait du billet d'humeur d'une bergère dans "la lettre aux bergers" 2015(association des bergères et bergers Provence alpes du sud)

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  • Théosaure
    Théosaure
    2015-06-11

    Plus le monde évolue et plus il recule !

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  • Salinger 3
    Salinger 3
    2015-06-11

    @Who : toi tu as regardé les rares vidéos de la lionne protégeant le petit buffle, on dirait.

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-12

    non, je ne les ai pas vues. Je pensais en premier lieu aux rares cas connus d'enfants sauvages qui auraient été élevés par des animaux sauvages. Pour certains, les indices laissent penser que le cas est véridique, mais au lieu de supposer qu'il puisse être vrai, tout le monde cherche l'explication, aussi tordue et contradictoire puisse-t-elle être, qui permet d'expliquer les observations faites sur l'enfant sans en faire un enfant sauvage.

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-12

    Mais je crois aussi que ceux qui accordent à chaque animal une personnalité oublient un détail : si chaque individu d'une espèce possède une personnalité différente que celle des autres, cela signifie, entre autres, qu'on aura de rares cas d'individu exceptionnellement altruistes, à côté de rares cas d'individu se montrant comme étant de véritables salopards.

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  • patient13@framasphere.org
    patient13@framasphere.org
    2015-06-12

    Euh, un enfant qui n'est pas en contact avec d'autres humains avant l'âge de 3 ans ne développera jamais de langage articulé et ne maitrisera jamais les règles sociales élémentaires

    Que ce soit Victor ou les "filles louves" indiennes, les enfants sauvages ne retrouvent jamais un développement normal

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  • who_the_wolf@diasp.eu
    who_the_wolf@diasp.eu
    2015-06-12

    Certes. Maintenant, met-toi à la place d'un potentiel loup adopteur : tu vois un gamin paumé. Tu pourrais le bouffer, mais t'as envie de l'adopter, pour une raison ou pour une autre. As-tu la moindre idée que le fait de l'adopter l'empêchera définitivement de développer une capacité que tu ne connais pas, puiisque tu ne l'as pas toi-même ? Accessoirement, si on croit sur parole les rapports, le gamin loup connaissait des règles sociales élémentaires. Celles des loups.

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