• bolton@mondiaspora.net
    bolton@mondiaspora.net
    2015-08-25

    Ta réflexion est juste et pleine de bon sens, mais n'est-elle pas trop complexe pour la plupart des gens? Et certains te rétorqueront qu'il y a encore le gaz (et le charbon a encore un bel avenir) et la fusion, et encore d'autres sources encore non exploitées. J'ai même eu quelqu'un qui m'a dit "on ira exploiter les ressources d'autres planètes"...

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  • Copeau
    Copeau
    2015-08-26

    Merci pour ces réflexions :)
    et la suite:

    et donc à la réponse "la science va nous sauver", n'hésitons pas à faire remarquer à notre interlocuteur son comportement religieux à l'extrême qu'il a vis à vis de ce qu'il appelle "la science" ou "le progrès".
    Cette même science qui ne jure que par 'les faits' et qui interdit les croyances, a ses propres dogmes sans fondement ("on n'arrête pas le progrès"), et ses adeptes ne sont pas gênés par ce paradoxe.

    (Attention, avec ce discours, on se heurte assez souvent à des réaction violentes, soit de bernard l'hermite qui rentre dans sa coquille, soit de reptile acculé qui attaque et insulte. Réactions qui sont tout à fait cohérente avec l'extrémisme religieux...)

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  • bolton@mondiaspora.net
    bolton@mondiaspora.net
    2015-08-26

    Mon avis là dessus est qu'effectivement, tant qu'il y aura des chercheurs pour chercher, des inventeurs pour inventer, et des entreprises pour "appliquer", on n'arrêtera pas le progrès. Maintenant est-ce que progrès et science riment avec "croissance économique", "croissance démographique" ou encore "utilisation croissante des ressources fossiles"? Perso je pense que non, là il s'agit plus de politique et de géopolitique.

    Bon ce que je dis ne va pas en contradiction avec ta remarque, et je suis absolument d'accord avec toi que les gens ayant un discours du genre "la science trouvera des solutions" sont complètement dans la croyance, voire même dans le fantasme...

    Après la décroissance, je suis assez pour, mais je ne suis pas assez idéaliste pour penser que ça puisse prendre avant une crise écologique ou géopolitique majeure. En revanche, si nos pourris de dirigeants voulaient bien s'entendre pour prendre des mesures majeures pour l'écologie, les choses pourraient changer dès aujourd'hui. Par mesure majeure, j'entends par exemple, l'interdiction de toute subvention aux énergies fossiles, peu importe l'état (qui devra quand même se faire en plusieurs étapes pour certains pays). Déjà rien que ça, et le reste devrait venir assez rapidement. Si cela ne suffit pas, une taxation progressive des énergies fossiles, de telle sorte que le prix de ces matières premières ne puisse qu'augmenter, progressivement, mais jamais diminuer. Bien sur il faut le les taxes servent de subventions au développement des énergies renouvelables, et surtout aux techniques et bonnes pratiques d'économies d'énergie. (car ya du chemin à faire).

    Ensuite ce qui serait bien c'est d'appliquer les principes de la permaculture à l'échelle mondiale plutôt que détruire nos terres et nos sous sols, et d'interdire purement et simplement l’élevage en batterie. En somme, vivre en paix et harmonie avec la nature dont nous faisons partie (même si on a tendance à l'oublier)

    Mais le contexte actuel de 3eme guerre mondiale (économique) me rend pessimiste.

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  • Olivier (Greenman)
    Olivier (Greenman)
    2015-08-27

    Salut et merci pour ces retours. :) (Qu'est ce que j'aime D* pour ça nonidju!)

    La science, pour avancer, a besoin de dogme à remettre en question perpétuellement au regard des nouvelles découvertes qu'elle fait, quand une science ne dispose plus de gens capable de remettre en question les dogmes sur lesquels elle s'appuie, elle n'avance plus et cela peut durer très longtemps (Voir l'alchimie au moyen âge, les limites du rationalismes etc... je pense aux exemples mis en exergue par Gaston Bachelard dans La philosophie du non: essai d'une philosophie du nouvel esprit scientifique). Il faut alors dépasser les limites du système de référence pour avancer à nouveau, M.Bachelard voyait en effet l'histoire des avancées en science comme un dépassement du système de référence préalablement admis.

    Sur ce point, les sciences économiques sont stagnantes car leur principaux promoteurs continuent encore aujourd'hui de s'abstraire de la réalité des limites d'exploitation des ressources et des limites des possibilités du recyclage. La tendance est d'accepter l'économie comme un tout, un système fermé, détaché des autres sciences, à l'instar de l'Homme qui à tendance à se considérer comme indépendant de son écosystème, comme vous le souligniez.

    Ce que je trouve dramatique dans l'histoire de l'économie moderne, c'est que nous avons retenu et mis en avant des œuvres comme La Richesse des nations d'Adam Smith sans prendre en compte les mises en garde de la théorie des sentiments moraux du même auteur (Ces réflexions abordaient principalement les ressources humaines, autrement dit, pour l'époque, l'esclavage).
    Je pense que c'est le point de départ du système fermé qu'est devenu l'économie moderne sous l'impulsion de ceux qui ont pu, depuis, financer les écoles, facultés et recherches qui les arrangeaient, qui leur permettaient de garder la main-mise sur leurs avantages.

    Cela est, bien sûr, largement encore valable aujourd'hui, il suffit de regarder, dans le cadre de l'agriculture, Monsanto brandir leur propre recherche pour contrer les arguments de chercheurs indépendants (et souvent isolés comme Claude Bourgignon ou Seralini). Ou, dans le cadre de l'économie, de se plonger dans la sombre histoire des magnats de l'Or noir aux États-Unis dans les années 1900 à 1940 et le financement des Hayek&co.
    Un exemple plus récent est celui d'un ami doctorant qui n'a pu faire valider son sujet qu'à condition d'inclure Nanotechnologie dans son sujet sans quoi il ne se voyait pas financer sa recherche.

    Les profiteurs de l'économie en système fermé sont aujourd'hui à l'origine de (la plupart des sujets de) la Recherche Scientifique. L'économie ayant besoin de ressources pour continuer à croître, quand bien même elle se refuse à le voir, il est fort probable que nous trouvions de nouvelles solutions et que les financements affluent dans ce sens quand elles viennent à manquer.

    Cependant, la carotte étant tenue par ceux-là même qui théorisent ou font théoriser l'économie comme un système clos, les chercheurs n'ont souvent d'autres choix que :
    - de se plier aux contraintes de ce système,
    - ou, quand ils sont conscients de cela ou simplement rigoureux, de voir leurs travaux censurés/tronqués avant publication,
    - ou encore, quand ils sont suffisamment indépendants, de voir leur recherche plus ou moins médiatiser

    Dès lors les solutions scientifiques que nous trouvons depuis, à la louche, 150 ans sont principalement des solutions qui confortent ou entretiennent le dogme de l'économie en système fermé. Les exemples d'Edison et Tesla sont, d'après moi, encore un autre exemple de cet état de fait...

    M'est avis que de tout cela découle le scientisme aveugle (Dites, ça plait aux nasmes un peu là ;) ) de certains de nos contemporains pour qui "la science trouvera toujours un moyen". Étant d'un naturel plutôt optimiste, je suis même assez d'accord avec cette assertion en général, il nous reste trop de chose à comprendre ou découvrir. Mais il faut garder à l'esprit que la Recherche Scientifique, championne de la remise en question, est guidée par une science incapable de se remettre en question.

    Ce pourquoi certains ne considèrent pas les Sciences économiques comme une "science" et peut-être aussi ce pourquoi il n'y a pas de Prix Nobel d'économie (au delà de la petite histoire de la femme de Nobel qui l'aurait trompé avec un banquier...).

    Si l'on pouvait libérer la recherche scientifique de ce joug insidieux, je pense que nous commencerions à aller dans le bon sens...

    PS : J'ai bien peur d'avoir pris de gros raccourcis ou fait quelques approximations malgré la longueur du pavé, n'hésitez pas à me reprendre ou à pointer mes errements si il y a lieu ;)

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