• Gaiason
    Gaiason
    2015-10-31

    "C'était très tendu. Il n'y a pas eu de violence. Mais quand ils ont vu que j'essayais de les bloquer à l'intérieur, les insultes ont fusé. Ils ont restitué les vêtements qu'ils voulaient emporter."
    Je suis soulagé que cela n'est pas entraîné de violence pour l'employé qui n'est peut-être pas un bourgeois et quand bien même il travaille pour l'un d'entre eux.
    "Hier, le vendeur de cette enseigne prestigieuse se disait favorable à l'emploi d'un vigile même si cela représente un coût important."
    Néanmoins voici ce à quoi conduit ce type de conduite : plus de sécurité. Pas sûr que ce soit la réponse qu'un anarchiste souhaite voir se généraliser dans la société.
    Proudhon disait "la propriété, c'est le vol" ; et bien le vol de cette propriété ne l'est pas moins. Je comprends que l'on puisse penser réparer une injustice par la loi du talion, dès lors que la justice instituée ne remplit pas son rôle, mais je ne crois pas qu'il faille tomber dans le syndrôme "Robin des bois".
    Comme Jean-Marie Guyau le dit dans "esquisse d'une morale sans obligation, ni sanction", un mal n'a jamais annulé un autre mal ; au contraire, les deux maux s'additionnent. Ce qui entraîne deux fois plus de problèmes.
    Je soutiens qu'au "vice", on ne doit répondre que par la vertu. Et j'ajoute qu'il ne faut pas attendre que ce soit l'autre qui en fasse preuve avant de s'y mettre.
    Et pour anticiper les critiques de mon approche qui la jugeraient angéliste, être vertueux ne signifie pas ne pas s'opposer au premier de ces maux. Aussi mieux vaut manifester son indignation devant le magasin de vêtements chers (et à fourrure ... paix aux âmes des animaux exploités), que de tenter de s'emparer de ces biens qui portent la marque de l'oppression capitaliste. D'ailleurs aucun véritable anti-capitaliste ne voudrait l'un de ces vêtements qui sont à l'instar de l'argent de la mafia, sales. On peut considérer que les personnes qui ont tenté de les voler manquent d'une éducation populaire et d'une grille d'analyse marxiste ; toujours est-il qu'ils ont agi en pur capitalistes, cherchant à faire de ces vêtement leur propriété.
    Je ne serai donc pas de ceux qui les acclament.

    ... au fait, si j'ai mis un terme à la discussion de l'autre jour, c'est effectivement parce que j'ai peur que mes certitudes soient remises en cause (mais qui peut se targuer, en toute honnêteté, du contraire ?) et surtout parce que je savais très bien comment elle évoluerait : c'est-à-dire dans le jugement ad hominem (ce que tu as fait dans ta réponse). Or je souhaiterais que les critiques portent sur des faits (propos ou actes) plutôt que sur des suppositions (ce que je pense ou qui je suis) ... j'espère que tu comprends mieux ma position.

    Namasté !

    0
  • Cramazouk Hu Premier
    Cramazouk Hu Premier
    2015-10-31

    Il y a un peu de jubilation malsaine en effet à voir ceux qui sont écrabouillés du pied par la société toute entière s'organiser et s'en prendre aux échoppes bourgeoises. Évidemment l'employé n'y est pour rien, c'est un esclave comme un autre.

    Pour ce qui est de qui a fabriqué ces vêtements, des esclaves aussi. Mais en attendant il faut bien se vêtir.

    Lorsqu'on est pauvre, voler est une technique comme une autre pour survivre.

    0