• kyochon@framasphere.org
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    2015-12-09

    Ils font plus qu'influer, manger un poulet de son jardin produit beaucoup moins d'effet de serre que de manger du quinoa du Pérou ou du soja chinois.

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  • idoric@framasphere.org
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    2015-12-21

    @Cochon Ours

    C'est loin d'être aussi simple, il faudrait déjà s'assurer que le poulet en question est lui-même nourri tout au long de sa vie avec des produits végétaux d'origine locale (s'il s'agit de farine animale comme c'est encore autorisé dans certains pays, reprendre le paragraphe de zéro et l'appliquer aux animaux dont les restes auront donné cette farine), eux-même cultivés avec uniquement des intrants locaux, qui eux-même dans le cadre d'une agriculture bio (moins de GES que le conventionnel qui obtient ses intrants à partir du pétrole voué à disparaître) ont toutes les chances d'être d'origine animale (corne, fumier, etc, l'agriculture vegan commence à peine à sortir de terre — si j'ose dire — en France), ce qui nous oblige à reprendre mon paragraphe de zéro pour leur appliquer les mêmes principes.

    Pour le dire autrement, tous les problèmes en terme de GES posés par la production de notre soja de Chine ou notre quinoa du Pérou sont démultipliés pour la production de notre poulet, à tel point que même en prenant en compte le transport final du quinoa et du soja jusqu'à nous, l'avantage reste quand même à ces derniers. Alors bien sûr, on peut imaginer tout un tas de nouveautés techniques, par exemple pour réduire les émissions lors de l'épandage du fumier ou encore une modification de l'alimentation pour réduire les flatulences ou encore tenter une récupération des ces dernières (on notera que volontairement je m'interdis ici de prendre en compte le bien-être animal, mais je n'en pense pas moins), mais les gains sont loin d'être aussi mirobolants qu'espérés et seraient extrêmement coûteux à généraliser (compter plusieurs décennies). Je ne me hasarderai donc pas à déclarer qu'il est totalement impossible même dans l'avenir de rendre un poulet du jardin moins émetteur en GES, mais je n'hésite par contre pas à dire que ça serait impossible à reproduire à grande échelle avant la fin de ce siècle, tant et si bien que diminuer drastiquement la consommation de viande reste un passage obligé pour l'humanité, ce qui est d'ailleurs confirmé par pas mal d'études sur la question, compilées ci-dessous par les rares à s'inquiéter de la question, à savoir ceux qui n'en mange plus du tout :

    « S’alimenter de manière peu carnée voire 100 % végétale se révèle être nettement plus efficace en matière de lutte contre le changement climatique que de recourir à des régimes alimentaires d’origine locale, de saison ou biologiques, souvent promus comme des changements de comportements à favoriser pour résoudre la question environnementale. En 2008, une étude a évalué que les émissions induites par un régime omnivore d’origine 100 % locale sont 7 fois supérieures à celles induites par un régime végétalien non local (Weber C.L. et al., 2 0 0 8). Selon une étude publiée en 2013 basé sur le modèle suédois, il est possible de réduire de 46 % les émissions de GES dues à l’alimentation en optant pour une alimentation végétarienne (avec produits laitiers) et de 62 % en optant pour une alimentation à la fois végétarienne et de saison, contre seulement 9 % en passant à une alimentation d’origine locale mais toujours omnivore et 16 % en passant à une alimentation omnivore exclusivement de saison (Åström S. et al., 2013). Le Foodwatch allemand, de son côté, a estimé que passer d’une alimentation conventionnelle à une alimentation biologique omnivore permettait de réduire de 8 % ses émissions de GES, mais de 87 % en passant à une alimentation non-biologique mais végétalienne (Foodwatch, 2008). »
    in http://www.defi-veggie.fr/sites/default/files/rapport_scientifique_04_11_2015_0.pdf p. 23 (découvert via https://framasphere.org/posts/1280136 )

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  • kyochon@framasphere.org
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    2015-12-21

    Sérieusement, qui va prendre la peine d'élever ses propres poulets pour leur donner de la merde style farine animale ? Les gens que je connais qui ont leurs propres poulets utilisent des grains d'origine locale (oui on a des cultures céréalières un peu partout en France, y compris bio). De plus le soja chinois a de bien plus grandes chances d'être exploité de manière industrielle avec plein d'intrants issus de l'industrie pétro-chimique, donc ce n'est pas juste une question du coût en GES du transport jusqu'à nos assiettes. Sans compter les sacs en plastique délimitant les portions => hop, un sac en plastique par 200 grammes de produit mangeable, ça c'est bio !

    Si vous avez une étude montrant qu'élever un poulet (ou un cochon soyons fous) dans le jardin avec des grains locaux et des déchets de nourriture (qui autrement iraient remplir les décharges, vachement plus écologique n'est-il pas ?) est moins écolo et rejette plus de GES que faire venir des denrées (même non industrielles) de l'autre bout du monde (seulement possible grâce à l'exploitation massive du pétrole, rappelons-le), alors c'est que l'on marche sur la tête !

    PS : il est évident qu'avec quelques poulets et un cochon dans le jardin on ne peut pas manger de la viande tous les jours, donc les études comparant les mangeurs de viande aux végétariens sont forcément à côté de la plaque : il n'est pas possible de manger de la viande tous les jours sans "culture" animale intensive.

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  • idoric@framasphere.org
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    2015-12-21

    « Sérieusement, qui va prendre la peine d’élever ses propres poulets pour leur donner de la merde style farine animale ? »

    Ce n'est pas sympa de mettre en exergue un cas que je n'ai présenté entre parenthèses que pour être exhaustif et qui n'était même pas nécessaire à ma démonstration ;)

    « De plus le soja chinois a de bien plus grandes chances d’être exploité de manière industrielle avec plein d’intrants issus de l’industrie pétro-chimique »

    Bien sûr, mais c'est oublier l'effet démultiplicateur : combien de kilogrammes de céréales et légumineuses pour faire un kilogramme de poulet consommable ? La production bio de ces céréales aura beau être plus vertueuse que celle en conventionnel, elle pollue quand même, et il faut multiplier cette pollution pour nourrir notre poulet. (Et évidemment, je ne parle que des GES vu que c'est le sujet du jour, mais que dire de la consommation d'eau par exemple, quand on songe qu'un malheureux steak, c'est l'équivalent de six mois de douches !)

    « seulement possible grâce à l’exploitation massive du pétrole, rappelons-le »

    Là non plus ce n'est pas très sympa, vu que c'est moi-même qui ai rappelé ce fait dans mon post précédent. À dire vrai, j'avais même été plus loin, puisque j'avais également rappelé que l'ère du pétrole allait toucher à sa fin (d'ailleurs, si le bio doit « vaincre », ce sera uniquement de ce fait-là, inutile d'attendre une prise de conscience collective, les intérêts à court terme ont toujours le dernier mot chez cette espèce grégaire qu'on appelle homo sapiens sapiens).

    « Si vous avez une étude montrant qu’élever un poulet (ou un cochon soyons fous) dans le jardin avec des grains locaux et des déchets de nourriture (qui autrement iraient remplir les décharges, vachement plus écologique n’est-il pas ?) est moins écolo et rejette plus de GES que faire venir des denrées (même non industrielles) de l’autre bout du monde (seulement possible grâce à l’exploitation massive du pétrole, rappelons-le), alors c’est que l’on marche sur la tête ! »

    Mais je vous ai donné les références vers plusieurs études (au passage il y a bien plus à aller chercher dans les références de tout le pdf), je ne peux que vous inviter à les lire attentivement. Pour ce qui est du cas très particulier du poulet, comme déjà dit dans mon post précédent, je ne vais pas me battre, peut-être qu'on peut y arriver, mais il y a aussi le cochon que vous citez, et c'est oublier tous les autres, à commencer par les vaches (et donc le lait).

    Pour ce qui est des déchets de nourriture, en plus de la décharge ou de la gueule d'un animal, on peut aussi les composter et les donner à des plantes qu'on consommera directement, pour le coup ça sera le summum de l'écologisme (en fait, non, on peut directement laisser les racines et feuilles non consommées sur place quand on va remplir son petit panier au fond du jardin, façon permaculture, ça c'est réellement le summum).

    « PS : il est évident qu’avec quelques poulets et un cochon dans le jardin on ne peut pas manger de la viande tous les jours, donc les études comparant les mangeurs de viande aux végétariens sont forcément à côté de la plaque : il n’est pas possible de manger de la viande tous les jours sans “culture” animale intensive. »

    Nous sommes bien d'accord, mais alors nous ne parlons plus véritablement d'un régime omnivore, mais plutôt d'un régime dit fléxi-végétarien, où l'individu ne consomme que de la chaire animale qu'une ou deux fois par mois au maximum, et qui se rapproche pour les études proposées largement plus du végétarien que de l'omnivore. Car si vous considérez personnellement que manger une ou deux fois par mois de la chaire animale relève encore de l'omnivorisme, je vous invite à interroger vos proches, ils risquent de ne pas être d'accord du tout.

    Bref, si votre problème, c'est de ne plus manger du tout de viande, mais que vous êtes d'accord sur le fait qu'il nous faut tous drastiquement réduire notre consommation de cadavre pour nous sauver nous-même, alors je vous propose d'en rester là, puisque c'était le sujet originel du post :)

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