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    Salinger 3
    2016-07-21

    Face au tollé, la clause de conscience des pharmaciens suspendue | Actualité | LeFigaro.fr - Santé

    Dans son communiqué, le Bureau de l'Ordre des pharmaciens tient à éteindre le feu en déclarant qu'il est nécessaire que «les droits des femmes à la contraception et à l'avortement soient toujours et partout fermement défendus».
    Boîte de Pandore

    Au cœur du débat, le concept même d'atteinte à la vie. «C'est une véritable boîte de Pandore que l'Ordre des pharmaciens veut ouvrir», déclare un membre du collectif des pharmaciens à l'origine de la pétition anti-clause. «À partir de quand un acte pharmaceutique porte-t-il atteinte à la vie humaine? L'IVG médicamenteuse est-elle une atteinte à la vie humaine? La pilule du lendemain? Les seringues stériles remises aux toxicomanes? L'insuline qui peut provoquer une hypoglycémie mortelle? Le paracétamol, plus grand pourvoyeur d'hépatites médicamenteuses? Où est la limite? Qui le détermine?», s'emporte-t-il.
    «Pour la fin de vie»

    Pierre Béguerie, président du conseil régional d'Aquitaine de l'Ordre des pharmaciens ayant voté non au sondage, estime que cette clause, rédigée de cette manière, «envoie un message catastrophique. Elle légitime la démarche du pharmacien dans son refus de délivrer un traitement qu'il n'approuve pas idéologiquement».

    Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'ordre des pharmaciens, assure que, loin de la contraception d'urgence, «ce qui est visé, c'est la fin de vie, une situation souvent très délicate à gérer par les pharmaciens de ville et d'hôpital». Les pharmaciens de ville délivrent certains traitements palliatifs aux familles sur prescription d'un médecin.

    «Ce sont effectivement des décisions difficiles à prendre. Cependant, il faut respecter le choix du patient et du prescripteur», estime Pierre Béguerie. Les pharmaciens ont d'ailleurs déjà la possibilité de refuser de délivrer un traitement, s'il sort des doses légales, rappelle-t-il. «La clause serait pertinente uniquement en cas de loi sur l'euthanasie». «Cependant, dans l'hypothèse d'une légalisation de l'euthanasie, celle-ci serait réalisée soit à l'hôpital, soit à domicile, mais sans passer par le circuit officinal», explique Léo, membre du collectif des pharmaciens à l'origine de la pétition. «Dans la situation actuelle, elle ne serait donc pas utilisée pour la fin de vie…», estime Pierre Béguerie.

    Du côté du collectif, «on se félicite de ce retrait mais nous continuons à militer. Nous ne voulons pas une modification du texte, nous voulons le retrait pur et simple de la clause de conscience».

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