• Cédric Sans Troll
    Cédric Sans Troll
    2019-01-17

    Alors ce serait cela ? Je veux bien te l'accorder. Allons-y pour la crise d'adolescence comme prise de conscience. En tout cas comme début. Pour acérer ses mots, j'imagine quand même qu'il faille aller plus loin. Et pour assumer ses propos, se nourrir d'un monde qu'on aime à détester puis... c'est vrai... continuer à détester sans le dire sérieusement. L'omerta est plus perverse encore puisque cette adolescence est accompagnée par le processus capitaliste, voire encouragée. Le système appellerait peut-être cela une crise névrotique. Je ne vais pas trop pousser dans les analyses psychanalytiques, c'est un domaine que je maîtrise mal, mais force est de constater que tu n'as pas "entièrement" tort d'énoncer ce que tu énonces. Reste qu'on peut aussi voir dans cette crise - j'ai l'impression que c'est souvent le cas - une approche mégalomaniaque de la vie, qui rapporte beaucoup d'argent ("Destroy everything", 200.000 albums vendus). Ne voulant pas faire d'amalgame avec la forme de ta résistance - qui corrobore ton aphorisme -, je constate juste que l'adolescence se poursuit ad vitam et engraisse les tenants du pouvoir. Pour préciser, je pense que s'il y a bien prise de conscience elle n'est pas implacable. Parce que récupérable et récupérée. Son devenir est canalisé. La question maintenant, et parce que ton idée m'interpelle, est de savoir ce qu'on peut tirer d'intéressant de cette crise qui ne soit pas phagocyté par le système, en tant, justement, que prise de conscience.

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  • L'Intrus
    L'Intrus
    2019-01-18

    D'abord, je ne sais pas si c'est la cas pour tout le monde. Ou plutôt, je sais que non. Qu'il en existe même qui ne font pas de crise d'adolescence, ou juste le prolongement d'une pré-adolescence (là que le commerce marche à fond, que l'on veut imiter ce qu'on nous montre, nous vend) qui se cherche un moule quand l'adolescence en crise les rejette tous
    En tout cas, il est clair que je l'ai vécu comme telle (après celle de mes 7 ans) et que la prise de conscience à été violente, vis à vis de moi-même comme pour mon entourage…
    Il est clair aussi que, contrairement à d'autres, cette vision, cette vérité, cette révélation du monde qui m'attendait et dans lequel les adultes voulaient me pousser, je m'y suis accroché jusqu'ici…
    C'est assez rigolo, d'ailleurs, ces fois où l'on m'assure ici que je changerai avec le temps, quand je devrai faire face à la "vraie" vie, la vie d'adulte… ;)
    "savoir ce qu’on peut tirer d’intéressant de cette crise" ? Je pense y avoir tout puisé et y puiser encore.

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  • Cédric Sans Troll
    Cédric Sans Troll
    2019-01-21

    Du coup il suffirait peut-être suffisant de changer un seul mot dans ton aphorisme, dire "il y a une omerta à propos de mon adolescence". Là impec ;) La généralisation posait un problème pour les raisons que j'ai déjà évoquées et que je pourrais étayer si l'éthique m'y poussait (nan, je dis n'importe quoi). Mais là, si l'on personnalise le propos et qu'on le rapporte à ton histoire, il n'y a plus rien à dire, c'est "implacable".

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  • L'Intrus
    L'Intrus
    2019-01-21

    Moui... Sauf que cette prise de conscience, je l’ai retrouvée chez la plupart des adolescents, de ma propre adolescence à maintenant. Pas forcément aussi consciente ou radicale mais là, quand même, toujours, au moins sous-jacente... Et puis j’aime à généraliser les particularités, et réciproquement, rendre une exception commune et un commun exceptionnel (´Tain! Ça sonne grave!)...

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  • Cédric Sans Troll
    Cédric Sans Troll
    2019-01-21

    Ça a bien une valeur littéraire de "généraliser les particularités", dans le sens que dans le discours poétique tout est possible, mais cela crée une aporie philosophique, voire réduit en miette le principe de non-contradiction. Après, c'est vrai que ça sonne "grave" :p

    Sinon, je suppose qu'il n'est pas exclu de dire avec objectivité que la crise d'adolescence si elle n'est pas toujours une vraie prise de conscience en est systématiquement le prototype.

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  • L'Intrus
    L'Intrus
    2019-01-21

    Voilà.
    Et puis dans le kunisme, basé sur l’inversion des valeurs, la contradiction n’est souvent qu’apparente, à creuser, comme tu dirais. Je reste persuadé d’un choc cynique de la réalité crue à un moment où un autre de l’adolescence, mais parfois à l’insu du crétin boutonneux lui-même, trop empêtré dans ses propres merdes pour faire la part des choses…

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