• ropib@framasphere.org
    ropib@framasphere.org
    2020-01-28

    Oui alors c'est vraiment un tout petit soutien cet article... les mecs sont obligés de parler "opinions qui vous répugnent", je ne comprends pas pourquoi.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2020-01-28

    Parce que la "gauche" ne peut pas dire les mots qui fâchent : il y a un problème avec l'islam dominant .

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  • ropib@framasphere.org
    ropib@framasphere.org
    2020-01-28

    @Emmanuel Florac Tout d'abord je n'ai pas l'impression que ce soit ça qui serait répugnant, mais beaucoup plus vicieusement l'idée de la dissidence et de l'irrévérence. Globalement beaucoup de journalistes disent se battre pour la liberté d'expression mais insistent sur le fait que le blasphème c'est quand-même mal et qu'il faut respecter la sensibilité des gens sur leurs délires.

    Plus globalement je n'ai pas l'impression que ce soit les mots que tu écris qui fâchent, et du coup je ne crois pas que seule "la gauche" ait un problème avec ceux-ci, même si ils veulent en effet se mettre sous l'étiquette "gentils".
    Les mots qui fâchent (la question centrale), de ce que je comprends, seraient à peu de choses près : les structures sociales traditionnelles sont obsolètes et la brutalité des autorités qui veulent les maintenir est illégitime.
    Aucune force politique ne peut soutenir cette remise en question parce qu'elles sont toutes structurées dessus, aucune organisation sociale institutionnalisée non plus (les syndicats notamment), aucune expression de cette question n'est possible par des moyens gérés par une industrie médiatique tout ce qu'il y a de plus traditionnelle... la question centrale reste sous-terraine comme la plupart du temps, parce qu'elle embête tout le monde.
    L'Islam est clairement identifié comme une étiquette pour tout un tas de luttes réactionnaires et du coup un thème de polarisation rendu évident, mais il y en a d'autres (il y a plein de gens dans la rue sans que ça ait un lien avec la religion par exemple). Et même, si on regarde les déclarations de Zemmour, soit-disant anti-islamiste, on voit bien que le seul problème qu'il voit aux islamistes c'est leur étiquette alors que sur le rôle des femmes, la structure familiale, le respect des aînés, le recours à la violence, la revalorisation de la virilité, le rôle des traditions... etc. il respecte leur programme. -> L'Islam est une question périphérique, qui est d'autant plus mise en avant par tous qu'elle est facilement sacrifiable (personne ne s'y intéresse en réalité). La religion comme super-étendard de diversion des enjeux civilisationnels, ce n'est franchement pas une nouveauté. Et je ne fais pas ici référence au fantasme de Choc des Civilisations qui est le pendant du fantasme de la Fin de l'Histoire en cherchant à expliquer l'historicité présente et manifeste de nos organisations sociales par des causes exogènes (ce qui là non plus n'est franchement pas nouveau), mais bien à des dynamiques endogènes et des contingences matérielles plutôt qu'idéologiques, à la manifestation de l'historicité de ce que prenions jusqu'ici pour des invariants.

    Je ne nie pas l'existence de dangereux réactionnaires islamistes ou musulmans, ni même l'Islam comme étendard le plus visible pour les contre-révolutionnaires, mais ça n'en fait pas le sujet de la révolution actuelle. Les pays de tradition musulmane les reconnait pour ce qu'ils sont : des réactionnaires d'extrême-droite.
    Aujourd'hui nous avons principalement des gens qui se font sauter en en appelant à la religion musulmane, des gens qui réagissent violemment à toute critique de cette appartenance là en particulier ; cependant la brutalité monte partout, l'angoisse sur les sentiments d'appartenance est générale, les injonctions paradoxales se multiplient.
    Je m'associe à la pensée exprimée par Mila, qui est profondément, je crois, celle de la dissidence. A "Je suis Charlie" ou "Je suis Mila", je préfère #NotInMyName inventé en rapport avec l'Islam mais qui est valable de manière plus générale. Je ne veux pas être solidaire de ceux qui la menacent, je ne veux pas être solidaire de ceux qui la condamnent, ne veux pas être solidaire de ceux qui se servent d'elle pour menacer des gens qui n'ont rien à voir avec l'affaire, ne veux pas être solidaire de ceux qui œuvrent dans les faits contre la liberté d'expression tout en disant vouloir la protéger. Globalement les revendications de dissidence sont condamnées pars les autorités traditionnelles, d'autant plus que leur prise sur les événements s'affaiblit.

    Si je reviens à cet article, nous avons des journalistes qui disent vouloir défendre la liberté d'expression, qui en profitent pour qualifier une opinion exprimée à travers des moyens concurrents aux leurs de "répugnante", et qui par ailleurs dans les faits essaient d'empêcher la démocratisation de l'accès à ces moyens de communication concurrents. Cette "répugnance" n'est pas accidentelle ni conjoncturelle par rapport à la religion, mais est structurelle dans la représentation générale de la presse d'une expression individuelle libre démocratique et populaire comme forcément inacceptable et de son rôle de filtre, de gardien de l'ordre, d'autorité traditionnelle, qu'elle veut incontournable et donc sanctuarisée. C'est, tous sujets confondus, la question centrale que la presse porte aujourd'hui, de manière plus ou moins subconsciente.

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