• Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    A chaque nouvelle évaluation des élèves français en mathématiques, Bernard Ourghanlian a des sueurs froides. « Le niveau moyen régresse. C'est préoccupant, car cela annonce le niveau des étudiants qui arriveront demain sur le marché de l'emploi », lance le directeur technique et sécurité de Microsoft France, par ailleurs membre de la commission emploi et éducation de Syntec Numérique - l'association des entreprises de services du numérique.

    Depuis des années, les classements mondiaux du niveau en mathématique des élèves sont sans appel. La France est devenue la lanterne rouge de l'enquête Trends in International Mathematics and Science Study (Timss), qui mesure les performances en CM1 et en quatrième. Et dans la dernière étude Pisa (2018) de l'OCDE, qui teste la capacité des jeunes de 15 ans de 79 Etats à mobiliser leurs connaissances pour résoudre un problème, elle n'est plus que dans la moyenne, « alors que, en 2003, elle faisait partie des pays les plus performants », rappelle, à la direction de l'Education de l'OCDE, Eric Charbonnier, interpellé par « la dégradation continue de la tendance depuis vingt ans », qui s'ajoute à de mauvaises performances en sciences, en lecture et en écriture .

    Une préoccupation quotidienne

    Pour Arnaud Frey, fondateur d'Extia, une société d'ingénierie qui emploie 2.000 salariés dans le monde, le manque d'aisance en calcul est une préoccupation quotidienne. « Je vois de plus en plus de jeunes qui ne maîtrisent ni la règle de trois ni les fractions, et sortent immédiatement leur smartphone s'ils doivent calculer un ordre de grandeur ! Et ce comportement n'est pas corrélé au niveau d'études. Même les bac+5 sont concernés », témoigne-t-il, avant d'ajouter : « ces blocages n'existaient pas dans le passé. Et ils posent des problèmes dans la vie de l'entreprise. »

    Un franc-parler qu'on ne retrouve pas dans les grandes entreprises, qui, compétitivité oblige, ont quelques scrupules à critiquer la qualité de leurs salariés. De l'assureur AXA au groupe Bouygues, toutes affirment trouver dans le vivier hexagonal les profils dont elles ont besoin. « Nos recrutements sont exigeants et nous sommes suffisamment attractifs pour pouvoir être sélectifs », défend Frédéric Gautier, vice-président people Emear de Dassault Systèmes.

    L'inquiétude des sociétés du numérique est néanmoins réelle. Depuis des années, elles font face à une pénurie de talents, confrontées au manque de vocations scientifiques, particulièrement criant chez les femmes, et à la compétition mondiale pour attirer les meilleurs. « 80.000 emplois vacants », dont une bonne partie requérant des compétences en calculs experts évaluait, avant la crise sanitaire, l'association Talents du numérique.

    La régression du niveau des jeunes Français en maths préfigure une difficulté supplémentaire. A l'heure de la digitalisation et du développement des algorithmes, jamais la maîtrise de calculs et d'équations complexes n'a été aussi nécessaire dans tous les secteurs. « Quel sera l'impact sur les nouveaux métiers liés à l'intelligence artificielle, l'informatique quantique ou le chiffrage des données ? » interroge Bernard Ourghanlian.

    Sans les bases, pas de progression possible

    Même l'élite est touchée ! « Plusieurs études montrent que les meilleurs d'aujourd'hui sont au niveau des élèves moyens d'il y a trente ans, et ils sont de moins en moins nombreux », s'alarme Eric Mengus, professeur d'économie à HEC Paris .

    Selon l'étude Pisa, ils ne sont plus que 1,8 % à atteindre le top niveau - moins que la moyenne dans l'OCDE (2,4 %). Grâce à eux, l'excellence mathématique française, symbolisée par Polytechnique et une poignée d'autres écoles ainsi que par un vivier de chercheurs n'est d'ailleurs pas remise en cause. Mais « 1,8 %, cela correspond à 14.000 personnes d'une classe d'âge, calcule Yves Laszlo, directeur de l'enseignement et de la recherche à l'X. C'est beaucoup trop peu pour un pays comme la France ! »

    Le niveau moyen régresse. C'est préoccupant, car cela annonce le niveau des étudiants qui arriveront demain sur le marché de l'emploi.

    Bernard OurghanLian Coprésident de la commission emploi et éducation de Syntec Numérique et directeur technique chez Microsoft

    La grande crainte des milieux académiques et économiques est que la chute du niveau rejaillisse sur le fonctionnement des entreprises.

    De fait, l'apprentissage des maths se rapproche de celui d'une langue. « Ne pas maîtriser les bases revient à hypothéquer toute possibilité de progresser », explique Mélanie Guenais, maître de conférences au laboratoire de mathématiques de la faculté des sciences d'Orsay. Or, là aussi, les indicateurs ne sont pas brillants. En 2017, seuls 55 % des élèves de CM2 maîtrisaient les soustractions, contre 64 % en 2007, selon la Depp, la direction des statistiques du ministère de l'Education nationale. Pis, cette même année, ils n'étaient que 37 % à réussir les divisions, contre 43 % dix ans plus tôt et 74 % en 1987 ! Ce décrochage alerte, d'autant que, au-delà du calcul, « les mathématiques représentent aussi une formation au raisonnement logique », souligne l'universitaire, également vice-présidente enseignement de la Société mathématique de France.

    Difficile d'appréhender l'usine 4.0

    Sur le marché du travail, le problème est donc devant nous. Directrice de l'Agence pour les mathématiques en interaction avec les entreprises et la société (Amies), Véronique Maume-Deschamps tire la sonnette d'alarme : « Certains dirigeants n'auront pas la culture suffisante pour appréhender les changements liés à la numérisation des chaînes de production, l'usine 4.0 ou les objets connectés », prévient-elle, anticipant des difficultés sur les recrutements intermédiaires.

    « Le sujet est moins de former des 'data scientist' que de donner le bagage suffisant aux Français pour qu'ils soient capables d'utiliser des outils comme Excel, et demain des outils plus sophistiqués encore », analyse, de son côté, Sylvain Duranton, cofondateur et directeur mondial de BCG Gamma, entité spécialisée dans la data. Parfois amené à initier à l'intelligence artificielle des salariés de services de production ou commerciaux, il constate que « ceux qui ne sont pas formés aux maths et à la programmation ont des difficultés » et redoute une « vague de problèmes pour les couches les plus vulnérables ».

    La chute des connaissances en primaire et au lycée est d'ores et déjà visible dans la formation supérieure. Universités et écoles doivent prévoir des cours de remise à niveau pour combler les manques. C'est le cas dans certaines écoles de biologie obligées d'organiser des sessions pour que les étudiants maîtrisent les proportions et pourcentages nécessaires pour faire un dosage ou une préparation.

    A l'université Claude Bernard à Lyon, Frédéric Lagoutière, professeur de maths en licence et master, doit, pour sa part, adapter ses cours face aux lacunes de calculs et de raisonnements de ses étudiants. « En tant que professeur à l'ESCP Europe, je constate un effondrement des connaissances de mes élèves en maths », confirme, péremptoire, l'économiste Jean-Marc Daniel.

    Même dans les écoles d'ingénieurs, les profils évoluent. « Les étudiants sont bons. Ils savent faire fonctionner les outils et ont des compétences applicatives. Mais il leur manque les bases théoriques, en probabilité et en statistiques par exemple. D'où une capacité d'interprétation des résultats affaiblie », note Jérôme Lacaille, vice-président de la Société de mathématiques appliquées et industrielles, et expert émérite chez Safran. « La capacité à conceptualiser a diminué », estime aussi Philippe Depincé, directeur de Polytech Nantes. Ce qui est un frein pour résoudre les problèmes les plus complexes ou imaginer des technologies de rupture.

    Menaces sur la capacité d'innovation du pays

    La sphère mathématique et l'enseignement supérieur alertent à l'unisson : c'est la capacité créatrice et innovatrice de la France, rien de moins, qui est en jeu ! Et appellent à une « impulsion forte en faveur des mathématiques et des sciences à l'école », comme l'exprime Jean Tirole. Le prix Nobel d'économie nous confie par écrit être « très préoccupé par l'évolution en cours qui risque d'affaiblir la France face au défi de l'innovation, clé des emplois du XXIe siècle ».

    Je suis très préoccupé par l'évolution en cours qui risque d'affaiblir la France face au défi de l'innovation.

    Jean Tirole Prix Nobel d'économie

    Aujourd'hui, certains économistes établissent une corrélation entre niveau en maths d'une population et niveau d'industrialisation du pays. C'est le cas de Patrick Artus, de Natixis, qui fait le lien entre les compétences scientifiques insuffisantes des Français, le faible taux d'emploi des jeunes et le recul de l'industrie dans l'Hexagone. Face aux dernières enquêtes Timss, il prédit une « dégradation de l'employabilité de la population », alors que les besoins de l'économie en scientifiques vont s'intensifier. Au risque de nouvelles délocalisations.

    Professeur d'Economie à Harvard, Xavier Gabaix va plus loin. « La France a fait le choix d'un nivellement par le bas de l'éducation, juge-t-il. Le risque pour le pays est de se retrouver avec une main-d'oeuvre moins qualifiée et une baisse généralisée de son niveau de vie. »

    Electrochoc en Allemagne, pas en France

    Les causes de l'innumérisme - équivalent de l'illettrisme en maths - dans l'Hexagone sont connues : problèmes de formation des enseignants trop souvent issus des filières littéraires, les scientifiques préférant travailler dans l'industrie où les rémunérations sont plus élevées. Erreurs pédagogiques également, selon Michel Vigier, président de l'Association pour la prévention de l'innumérisme. « On apprend aux enfants les chiffres sans leur faire comprendre la notion de quantité. »

    Pour les experts, les réponses du gouvernement, axées notamment sur la formation continue des enseignants, ne sont pas suffisantes. « Il n'y a pas eu d'électrochoc comme en Allemagne, où le système éducatif a été réformé en profondeur il y a vingt ans pour redresser la barre », regrette Eric Mengus. Et si en rendant les maths optionnelles en première et terminale, la réforme du lycée acte les performances médiocres des jeunes, beaucoup contestent la voie choisie et redoutent un abandon massif de la discipline. Ce que semblent confirmer les premiers retours : 40 % des élèves inscrits en maths en première pendant l'année scolaire 2019-2020 ont arrêté en terminale, pointe Pascal Brouaye, président exécutif du pôle Léonard de Vinci, qui réunit trois établissements (ingénieurs, numérique, management).

    La France a fait le choix d'un nivellement par le bas de l'éducation. Le risque pour le pays est de se retrouver avec une main-d'oeuvre moins qualifiée et donc moins rémunérée.
    Xavier Gabaix Professeur d'économie à Harvard

    Pour restaurer l'image de la matière, des associations cherchent à en changer la perception. Ainsi en va-t-il d'Audimath, réseau d'enseignants-chercheurs dépendant du CNRS qui intervient en milieu scolaire. Objectif : « montrer que les maths sont utiles et représentent une façon de penser », résume son directeur Eric Paturel.

    Comme d'autres, il est convaincu que c'est la capacité des citoyens à avoir des choix éclairés qui est en jeu. La pandémie offre de multiples exemples. « Qui comprend vraiment lorsqu'il entend que les tests ou les vaccins sont fiables à X % ou Y % ? » interrogent-ils. Pour tous, c'est la faible appréhension de ce qu'est une probabilité qui explique la perte de confiance dans le discours des scientifiques et la propagation des fake news. A méditer…

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-02

    La pandémie offre de multiples exemples. « Qui comprend vraiment lorsqu’il entend que les tests ou les vaccins sont fiables à X % ou Y % ? » interrogent-ils. Pour tous, c’est la faible appréhension de ce qu’est une probabilité qui explique la perte de confiance dans le discours des scientifiques et la propagation des fake news. A méditer…

    J'y ai pensé cette semaine en écoutant l'intervention de Victoria April. À un moment elle dit que le vaccin ne marche pas parce qu'il y a des gens vaccinés qui sont tombés malades. Je me suis dit qu'elle n'arrivait pas à comprendre qu'un ou deux cas ne pouvaient pas décrire une généralité et qu'elle était complètement irresponsable d'affirmer cela.

    Bon, elle est espagnole et elle n'est pas toute jeune, donc elle n'entre pas dans la population visée par l'article. Mais, c'est un exemple qui montre bien que l'importance des maths.

    Ceci dit, comment la macronie va utiliser le résultat de cette évaluation ? Quelles causes seront mises en avant et quelles solutions seront proposées ? C'est à ce sujet qu'on devrait se faire du souci, plus que pour l'innumérisme de la population française. Je sens la privatisation arriver à grand pas. Et, quand il faudra envoyer vos enfants dans des écoles privées dès la maternelle, je vous garantie que vous apprendrez à faire des soustractions.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    @Acryline Erin les riches apprendront à faire des soustractions; pour les pauvres on leur dira juste "vous êtes trop ignorants pour trouver un emploi, prends ce revenu de base, parasite inutile!".

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  • Roland
    Roland
    2021-03-02

    Victoria Abril a fait cependant la couverture de nombreuses publications, mais dont le caractère scientifique n'est pas proéminent.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    @Roland le problème c'est qu'elle était évidemment "bien intentionnée" et pleine de "bon sens".

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-02

    Je ne vois jamais les commentaires de Roland, c'est toujours bizarre j'ai l'impression que les gens parlent à un fantôme que je suis la seule à ne pas voir. :)
    J'ai dû être bloquée.

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-02

    Ou alors Roland ne partage pas avec les autres instances ?

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    @Acryline Erin non il est banni par framasphere parce qu'il a des opinions pas assez politiquement correctes. De la bonne vieille censure, du délit d'opinion.

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-02

    Ah ok :)

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  • Aurélien
    Aurélien
    2021-03-02

    Au collège (privé), j'aimais bien les mathématiques, toujours de bonnes notes, tout comme en physique d'ailleurs. Arrivé au lycée (public), patatra, on était 36 en seconde, la prof de math sortait tout juste de l'école, c'était une cacophonie infernale durant toute l'année : j'ai vite lâché, comme la plupart d'entre nous :D Bon, ça ne veut pas dire que je suis une quiche, je suis de la génération où on ne savait pas encore ce qu'était une calculette en primaire (le bi-bop commençait à se répandre dans les rues :D), mais pour ma part ça a été une rupture complète dans mon attention de passer au collège de 20 élèves à plus de 35 au lycée. Déjà que dans des groupes de 5 / 10 j'arrive facilement à me disperser si on ne me porte pas une attention régulière (même encore aujourd'hui au boulot), mais alors plus de 30...

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-02

    @Emmanuel Florac en rendant les maths optionnelles en première et terminale : où quand comment pourquoi ??? J'avais bien 40 heures de cours avec une majorité de "maths" sous diverses formes, ils apprennent quoi les petits ???Entrer une description pour l'image ici

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    @Henry M. Murdock il n'y a plus de "classe", chacun pioche "au choix" parmi les matières disponibles, c'est la réforme Blanquer, qui individualise à mort, supprime tout "collectif éducatif". Ces gens sont des fous, des malades mentaux.

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  • Jimmy Plusdeböhr
    Jimmy Plusdeböhr
    2021-03-02

    Ceci dit : diriger une population de crétins incapables de se rendre compte que si une maladie touche 10% de la population et que 10% des malades meurent alors ça ne fait pas 20% mais 1% de morts, c'est plus pratique.
    Et pas uniquement pour les maths : la philo aussi a pris un grand coup dans la gueule et limite je trouve ça encore plus grave.

    Note: que vient donc foutre sur ce tableau l'équation 2H^+^ + 2e^-^ + O~2~ -> H~2~O ? Ça n'a rien à voir avec les maths et j'ai appris H~3~O^+^ + OH^-^ = 2H~2~O à l'école.

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-02

    @Emmanuel Florac L'école devrait revenir à ça ! Entrer une description pour l'image ici

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  • Roland
    Roland
    2021-03-02

    @Henry M. Murdock : j'veux bien mais il va falloir re-émigrer pas mal :-°

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  • Jimmy Plusdeböhr
    Jimmy Plusdeböhr
    2021-03-02

    Ces gosses apprennent, eux, ils respectent le maître et obéissent à leurs parents.
    Ils ont des cours de morale, d'éducation civique.
    On leur enseigne, on ne les forme pas.

    Avec le BEPC ils en savaient autant qu'un bachelier actuel.
    Lesquels seraient les plus faciles à diriger ? Auxquels serait-il le plus facile d'imposer ce que nous vivons depuis un an ?

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  • pal
    pal
    2021-03-02

    vous avez la mémoire courte, apprendre par cœur la liste des sous-préfectures de France sous les coups de règles ne me parait pas une éducation d'avenir.
    https://finland.fi/fr/vie-amp-societe/la-verite-sur-lecole-finlandaise/
    image

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  • Jimmy Plusdeböhr
    Jimmy Plusdeböhr
    2021-03-02

    Le par cœur aide à travailler la mémoire, les choses qui sont sans qu'elles puissent être comprises doivent être assimilées comme ça ; celles qu'on peut retrouver mais qui sont souvent sollicitées y ont aussi leur place (assimilable à un cache) on y trouvera les théorèmes de maths qu'on a un jour su démontrer mais qu'on n'a plus besoin que d'appliquer, par exemple.

    Je ne me rappelle pas avoir reçu de coups de règles sur les doigts quand je suis passé en primaire, peut-être parce que les parents étaient plus impliqués dans l'éducation et que les raclées pour carnets de notes insatisfaisants se prenaient à la maison.

    Quoi qu'on dise, on en revient pour la situation actuelle toujours au même constat : manque d'implication des parents, laisser faire, etc... Les parents ne sont pas les seuls coupables, tout le modèle de société est à revoir, ne serait-ce que l'absence fréquente des 2 parents parce qu'un salaire ne suffit pas.

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  • pal
    pal
    2021-03-02

    Pour les maths c'est sans doute l'influence des Bourbaki qui a fait le plus de mal avec la création du "mathématiques modernes" (une création pédagogique qu'on ne retrouve qu'en France, et qui explique sûrement pourquoi plus personne n'y comprend rien).
    Pour le par cœur , les grecs anciens pouvait réciter Homère par cœur (15000 vers), sans doute plus utile que les sous préfecture, mais chacun ses capacités, certains retiennent par coeur des livres entiers sans peine, d'autres sont créatifs et ne peuvent retenir 2 lignes, mais qui peut dire quel est le meilleur élève ?
    Pour les coups de règle, cela signifie seulement que @Jimmy Plusdeböhr est trop jeune :-) ça c'est arrêté fin des années 60.
    Pour les parents, qui ne voient leurs enfants que 2 heures par jour (de 18h à 20h), ils ne sont certainement pas les seuls coupables...

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  • Roland
    Roland
    2021-03-02

    Macron a eu droit à des pipes en cours de français. Vraiment pas la meme génération en effet.

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-02

    @Roland Oui elle a pas changée d'un gramme !Entrer une description pour l'image ici

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  • eyome
    eyome
    2021-03-02

    Pour rappel, résultats très récents :
    https://etudes.developpez.com/actu/311070/France-les-eleves-derniers-des-pays-de-l-UE-en-maths-et-sciences-dans-la-derniere-enquete-internationale-Timss-une-explication-aux-difficultes-a-recruter-de-bons-ingenieurs-informaticiens/

    Je ne sais pas ce qu'il faut mettre devant les yeux des gens pour qu'ils se fassent une idée du léger problème en cours.
    C'est quoi le but recherché ? Une idiocratie ? Et on veut mettre le RIC en place ? Attendez parce que là, j'ai comme une hésitation !

    Le problème est le suivant : en France il y avait un très bon niveau d'enseignement. Avec le certificat d'étude tu savais lire, écrire et compter correctement.
    Maintenant, le niveau descend année après année, et c'est tout à fait mesurable et mesuré, ce n'est pas un sentiment.
    Que s'est-il passé ? Comment le corriger ? Pourquoi ne pas réappliquer ce qui a marché ?
    Qui sont les plus érudits, les plus émancipés, entre des adolescents de maintenant et ceux d'il y a 50-60 ans par exemple.? Il y a des archives de l'INA où on voit des adolescents parler.... Ils ne parlent pas, ils s'expriment. Ils donnent des réponses argumentées. Ils disent que leurs passe-temps favori est la lecture...

    Le progrès obtenu est très discutable ! Il va falloir en prendre compte à un moment donné, parce que ces gamins, sont notre avenir...

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    @eyome il y avait aussi dans l'émission de Delamarche un économiste qui disait qu'il y avait une relation linéaire entre l'industrialisation et la richesse des pays européens. La France se désindustrialise, donc elle s'appauvrit. Parallèlement, on parle de plus en plus de "revenu de base", c'est à dire qu'on va distribuer aux "inutiles" un viatique avec l'argent imprimé par la BCE, et hop, plus de problèmes!

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  • eyome
    eyome
    2021-03-02

    Le revenu universel...
    Moi qui croyais que la France était turbo-giga-libérale... xD

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-02

    @eyome les néo-libéraux sont à fond pour: comme ils pensent qu'il y a une masse d'inutiles dont on ne fera jamais plus rien, c'est la solution idéale (toute façon c'est ça ou les chambres à gaz, alors).

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-02

    @Emmanuel Florac Ce n'est pas des "inutiles" !
    On démolit le système social par une redistribution échevelées, l'outil industriel par le libéralisme mondialisé, l'école en levant l'autorité des profs et des parents, et on nivèle le haut niveau éducatif en même temps qu'on minimise la valeur des emplois d'ouvriers, on gaspille l'argent des impôts, on a plus d'industrie, plus d'ouvriers, plus d'ingénieurs, on tue les agriculteurs avec des revenus infames, on va où ?

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  • Roland
    Roland
    2021-03-02

    Y a pas mal d'interet au revenu universel ne serait-ce que d'un point de vue administratif. En fondant toutes les aides dans une seule (RSA, chomage, AAH, allocations familiales...) et en retirant les procédures de controle sur le droit à les obtenir (l'idée du revenu universel étant qu'ils soient vraiment pour tout le monde , meme les plus riches), on diminue le cout de l'attribution de l'aide, du passage chez l'assistance sociale, du suivi des contrats d'insertion, des commissions, qui font peser un poids énorme dans les budgets.

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  • pal
    pal
    2021-03-02

    ah les dieux et les inutiles ! Harari a fait beaucoup de mal avec cette thèse.
    qui sait si les inutiles d'aujourd'hui ne seront pas les sauveurs de demain...

    le revenu universel n'est un problème que s'il est pensé comme un revenu de base (en dessous du seuil de pauvreté) c'est à dire un moyen de contrôle de la population, si son montant permet de vivre, alors il devient libérateur en permettant de choisir les emplois que l'on veut faire et les conditions de son effectuation.
    (mais on peut compter sur les libéraux de tous poils (de droite comme de "gauche") pour choisir l'option contraignante (tant qu'elle ne s'applique pas à eux))

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  • pal
    pal
    2021-03-02

    Un "poids énorme" sur les budgets ! un "pognon de dingue" qui ne va pas directement dans les poches des plus riches.
    Pourtant le ruissellement existe : tout somme donné à un pauvre est dépensée et du fait de la concentration capitaliste (de la détermination du prix et du profit) remonte dans les poches du riche... comme quoi, ils ne comprennent rien à l'économie

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  • Roland
    Roland
    2021-03-02

    Je parle des sommes consacrées à la distribution des aides, comme certains impots qui coutent plus à lever qu'ils ne rapportent (comme l'ISF). En économie ca se calcule, mais encore faut il comprendre quelque chose à l'économie... Le salaire des commissions, des controleurs, et toute l'administration ca peut parfois couter plus que les aides qui sont finalement attribuées, c'est ca le paradoxe à casser. Si au lieu de megoter de filer un rsa à tout le monde et qu'on a plus besoin des bourses d'étudiants, des aides MSA, et autres administration, on pourrait ptete le doubler le RSA, surtout si on pense comme à gauche, que l'argent pousse tout seul et qu'il suffirait de prendre l'argent à lagardere.

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  • Jimmy Plusdeböhr
    Jimmy Plusdeböhr
    2021-03-03

    @pal en 70 j'étais encore en primaire. Jamais je n'ai vu faire ça ; par contre, les lignes par paquets de 25 sur des feuilles de 23 j'en ai fait ;) mon record ça a dû être 200.
    Les maths modernes, j'ai adoré ça ; les polypes venaient directement de l'INSERM. Ma femme, elle, n'a pas supporté.
    Je n'ai pas lu tout le monde encore, mais n'oubliez pas la méthode globale, en lecture, qui a été un massacre.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-03

    @pal de toutes façon les maths modernes ça a commencé à une époque où la France était le phare mondial des mathématiques, puis ça s'est arrêté et la France était toujours un grand centre de maths, mais depuis 30 ans le démantèlement régulier de l'EN et de l'université ont fabriqué des générations d'idiots, et ce n'est pas la faute aux mauvaises pédagogies qui ont plutôt sévi avant la grande chute.

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  • Jimmy Plusdeböhr
    Jimmy Plusdeböhr
    2021-03-03

    Moi j'ai les maths modernes dans les Venn

    Dsl

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-03

    Quand les réformes se succèdent à rythmé régulier à tel point que tu ne peux pas assimiler la première quand arriver la suivante, et que le premier objectif de ces réformes est de réduire les coups de l'Éducation Nationale et de produire des chiffres plutôt que d’enseigner alors, on a déjà compris une grande part des raisons du fiasco.

    Ensuite il y en a d'autres : je mettrai la publicité, la télévision en premier, les jeux vidéos c'est une prolongation, le manque de sommeil, le bashing sur les enseignants, la démotivation des profs avec une métamorphose lente et négative de leurs conditions de travail : gel des salaires depuis 2010 avec perte de pouvoir d'achat de 20%, transformation progressive du métier, flicage par des incompétents souvent instables et choisis pour cela, postes attribués de plus en plus sur entretien ce qui favorise le copinage et exclut les 'mal pensants' , politique du chiffre, travail stupide imposé pour masque le manque de réalité pédagoggiques, évaluations à répétition sans avoir commencé les apprentissages , surpeuplement des classes, moyens matériels à la charge des communes donc disparité nationale, ASH sous payées, enfants pas pris en charge par le RASED qui disparaît, enfants avec handicap parfois lourd non assistés par des ASH. J'en oublie sans doute mais c'est déjà pas mal pour expliquer ces résultats.
    Dans les mêmes conditions la privatisation ne sauverait pas l'EN.

    Que l'on donne aux profs des classes de 18 enfants et des moyens matériels équivalents sur tout le territoire. Faisons une campagne anti télé, arrêtons de mettre en avant le fric et donnons de quoi vivre aux parents. Et pour finir, fichons la paix aux profs, arrêtons le harcèlement et le bashing, reconnaissons leur travail à sa juste valeur morale et financière, qu'ils retrouvent leur liberté pédagogique. et supprimons les réformes, surtout libérales. Et tout ira mieux très très vite.

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-03

    Et, ce qui serait bien aussi, c’est que les postes de syndicalistes déchargés à vie soient interdits pour que les syndicats d’enseignants ne soient plus des machines à créer des planques administratives serviles mais retrouvent leur vraie fonction, la protection des droits des enseignants.

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  • eyome
    eyome
    2021-03-03

    Un peu hors sujet vis à vis des mathématiques (quoique) :
    https://www.lepoint.fr/education/sondage-les-lyceens-rejettent-majoritairement-la-laicite-a-la-francaise-03-03-2021-2416143_3584.php

    Y a le temps, et surtout, et n'oubliez pas, l'islamo-gauchisme n'existe pas dans l'EN. C'est une fantaisie et ce n'est d'ailleurs même pas un problème.

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-03

    @eyome La loi de 1905 est interprétable, elle n'est plus adaptée, il faut en réécrire une autre concernant la laïcité, y englobant l'Islam qui ne figure pas dans la loi de 1905, c'est simple mais personne n'a la volonté, la seule volonté du gouvernement est de vendre la France par petits bouts, voir la privatisation d'EDF. La laïcité, l'éducation, la sécurité, l'emploi, etc., ce n'est pas leur problème, rien à cirer.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-03

    Aucune religion n'est mentionnée dans la loi et elle n'a pas du tout à être réécrite, au contraire, elle est un monument d'équilibre qui date d'un temps où la dictature de l'instant ne régnait pas comme maintenant. Il ne faut pas en changer une ligne.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-03

    Et il faudra mater l'islam comme on a maté le catholicisme.

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-03

    ET encore une fois, au lieu de responsabiliser les vrais coupables du gâchis de l' éducation en France, on reporte le problème sur une question annexe. L'inoculation de réflexes déviants au peuples par les monarques de notre temps fonctionne parfaitement.

    Vous connaissez Pavlov ? "Lève la papatte ! Il est gentill le chienchien.

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-03

    @Acryline Erin bah les vrais coupables ce sont les politiques, puis les français qui ont laissé faire, et qui ont acquiescé à l'utilisation de l'école comme un "service" dont on est le "client"...

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-03

    @Emmanuel Florac Bien sur que oui :

    Titre III : Des édifices des cultes. (Articles 12 à 17)
    Article 12
    Modifié par Loi n°98-546 du 2 juillet 1998 - art. 94 ()
    Les édifices qui ont été mis à la disposition de la nation et qui, en vertu de la loi du 18 germinal an X, servent à l'exercice public des cultes ou au logement de leurs ministres** (cathédrales, églises, chapelles, temples, synagogues, archevêchés, évêchés, presbytères, séminaires)**, ainsi que leurs dépendances immobilières et les objets mobiliers qui les garnissaient au moment où lesdits édifices ont été remis aux cultes, sont et demeurent propriétés de l'Etat, des départements, des communes et des établissements publics de coopération intercommunale ayant pris la compétence en matière d'édifices des cultes.

    Il n'y a écrit nulle part mosquée et c'est un manque, on ne peut réguler quelque chose ne figurant pas dans les textes.

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  • Acryline Erin
    Acryline Erin
    2021-03-03

    👍 @Emmanuel Florac

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-03

    @Henry M. Murdock il n'y a rien à réguler. Seuls les édifices religieux existants avant 1905 sont concernés. Les édifices construits après 1905 n'appartiennent pas à l'État.

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-03

    @Emmanuel Florac Vous avez raison, et j'aimerais que l'Etat construise de vrais Mosquées pour que les musulmans vivants en France puissent avoir de vrais conditions de prières normales et ne pas prier dans des caves ou dans des Mosquées construites avec des capitaux étrangers et donc sous influence étrangère, des pays étrangers n'ont pas à s'immiscer dans des affaires intérieures à la France !

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  • Emmanuel Florac
    Emmanuel Florac
    2021-03-03

    @Henry M. Murdock les mosquées se construisent graduellement, effectivement le très gros problème est que c'est avec des capitaux étrangers et surtout des capitaux extrémistes: saoudiens, qataris, turcs. Cela étant la loi de 1905 interdit tout à fait à l'état de financer ces constructions et c'est tant mieux, l'état n'a rien à y voir.

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  • eyome
    eyome
    2021-03-03

    Ah d'accord, cette fois, ce n'est pas un "sentiment" c'est un "réflexe pavlovien", je prends note.
    D'ailleurs, ce n'est pas non plus un problème, c'est "pour occulter les vrais problèmes".
    Il faut savoir que les "vrais problèmes" sont ceux identifés par la gauche comme tels, les autres n'en sont pas.

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  • Roland
    Roland
    2021-03-03

    Taquin mon camarade eyome ce soir :D

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-03

    @eyome You are the best of the best, the eye of the tiger 👍
    Mais maintenant il est vénère tout rouge, attention Eyome à sa droite !🎈Entrer une description pour l'image ici

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  • eyome
    eyome
    2021-03-03

    C'est incisif, peut être trop, je n'ai rien contre Acryline honnêtement.
    J'en ai marre, c'est tout.

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-03

    @eyome Mais non c'est en l'honneur de mon cher ami Emmanuel Florac, ça va lui faire plaisir...... peut-être Entrer une description pour l'image ici

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  • Henry M. Murdock
    Henry M. Murdock
    2021-03-03

    @eyome ça va ?

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