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    2022-05-14

    ^Courrier^ ^International,^ ^29^ ^avril^

    Export de céréales : Sofia et Bucarest à la rescousse de l’Ukraine

    Avec la guerre et le blocus russe de la mer Noire, une grande partie de la production du “grenier du monde” risque d’être perdue. Ainsi, la proposition du Premier ministre bulgare de transformer le port de Varna en une sorte de plateforme pour la production céréalière du pays a été fortement appréciée.

    Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, le 24 février, un autre front – a priori insoupçonné – s’est ouvert : celui de la sécurité alimentaire globale, l’Ukraine étant (avec la Russie), l’un des principaux exportateurs de blé, de céréales et d’huile de tournesol du monde.

    Avant la guerre, près de 98 % des céréales ukrainiennes destinées à l’export transitaient par les ports de Marioupol, Odessa, Mykolaïv et Kherson, quatre ports aujourd’hui paralysés par les combats.

    Ainsi, comme le souligne le quotidien bulgare Dnevnik, la proposition du Premier ministre bulgare, Kiril Petkov, qui était de passage à Kiev les 28 et 29 avril, de transformer le port de Varna, sur la mer Noire, en une sorte de plateforme pour la production céréalière du pays a été fortement appréciée par le gouvernement ukrainien.

    Défi logistique

    Après Kiev, Kiril Petkov s’est rendu directement à Bucarest, où il a rencontré son homologue roumain, Nicolae Ciuca, pour discuter des modalités logistiques de cette aide. “Depuis le blocus de ses ports par la marine russe, l’Ukraine tente d’exporter sa production par train jusqu’à sa frontière de l’ouest ou par les petits ports d’Izmaïl et de Reni, sur le Danube, mais le débit est largement insuffisant”, précise Dnevnik.

    Ainsi, d’ici à cet été, Bucarest promet de remettre en état de marche une ligne de chemin de fer datant de l’époque soviétique reliant le pays à l’Ukraine. Ensuite, ce sont les ports de Constanta et de Varna qui semblent les mieux situés pour accueillir la production ukrainienne et l’acheminer vers le reste du monde. “Mais l’opération représente un immense défi logistique”, poursuit le journal, citant notamment la différence d’écartement des rails entre le réseau de l’ancienne URSS et le reste de l’Europe.

    En 2021, l’export de céréales a rapporté quelque 12,2 milliards de dollars au budget de l’Ukraine, selon les chiffres officiels. Plus de 60 millions de tonnes de céréales ont été exportées dans le monde. En mars, le pays a exporté seulement 1,4 million de tonnes de maïs et de blé, soit quatre fois moins qu’à la même période en 2021. Certains navires transportant ces céréales sont toujours bloqués dans les ports ukrainiens.

    Kiev accuse régulièrement l’armée russe de bombarder délibérément des silos à grains et de s’approprier et d’exporter vers la Russie des céréales ukrainiennes provenant des territoires occupés. Des routes, des lignes de chemin de fer et des gares ferroviaires servant au transport des céréales sont également prises pour cible, poursuit Dnevnik, qui estime que l’ensemble du secteur agricole du pays souffre de ce conflit, “ce qui risque de provoquer une crise alimentaire à bien plus long terme”, conclut le journal.

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