• Judith Lesur
    Judith Lesur
    2015-01-02

    De celles de l'année précédente qui avaient été oubliées germaient de petites fleurs bancales qui dessinaient dans la prairie des possibles une asymétrie émouvante.

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  • Franck Cesarini Wolff
    Franck Cesarini Wolff
    2015-01-02

    Celles que l'on avait gardé en poche avait séché. Elles attendraient leurs tour qui jamais ne viendrait. Oubliées, de côté, loin de la terre, loin de l'eau claire, elles soupçonnaient une existence en possibles futurs.

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  • Judith Lesur
    Judith Lesur
    2015-01-02

    La main dans la poche machinalement les grattait. Dociles, elles s'effritaient. Les poussières minuscules se mélangeaient. On ne savait pas que sous nos doigts, sédimentaient nos rêves.

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  • Franck Cesarini Wolff
    Franck Cesarini Wolff
    2015-01-02

    Les ongles comme encombrés ou enrichis, cassés parfois sur la cosse des songes que l'on oublie, nos minuscules devenaient infini et l'infini se dessinait en horizon docile. Nul ne pouvait admettre qu'après cette poche, il pu y avoir meilleure cachette pour nos espoirs suspendus.

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  • Judith Lesur
    Judith Lesur
    2015-01-02

    Et puis quand la poche s'encombrait trop, quand la main ne pouvait plus s'y glisser librement, simplement, on la retournait. On regardait les particules de nos rêves inaccomplis se mêler à la poussière des chemins, et on avançait.

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  • Franck Cesarini Wolff
    Franck Cesarini Wolff
    2015-01-04

    D'un pas confiant et décidé d'abord, puis, le sol glissant sous nous, le pied s'enfonçant sous nous, la terre nous gobant tout entier, nous devenions cette graine perdue. Plantée là. Esseulée. Cherchant le soleil, nous n'avancions plus mais cherchions la hauteur avec la grâce des tiges en devenir de troncs.

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  • Judith Lesur
    Judith Lesur
    2015-01-04

    Des branches nous poussaient le long du torse. Nos bras s'enfeuillaient. Les pieds bien enracinés, on perçait le ventre des nuages du bout de l'ongle. On grandissait. On s'approfondissait, aussi.

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  • Franck Cesarini Wolff
    Franck Cesarini Wolff
    2015-01-04

    Aucunes nuées à la ronde pour nous en empêcher, ni les esprits vieillissants, ni la bête d'orage, ni même l'essaim d'hommes prêts à en découdre. Une sève qui coulait lentement, à l’abri de nous même. A l'abri du temps.

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  • Judith Lesur
    Judith Lesur
    2015-01-05

    Le printemps coulait au cœur de l'hiver et nos cœurs à nous bourgeonnaient, ouvraient les voiles de nos cages thoraciques qui glissaient à nos pieds comme des peaux mortes.

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  • Franck Cesarini Wolff
    Franck Cesarini Wolff
    2015-01-05

    Nous enroulions nos vies ainsi, et celles des autres aussi, parfois, échangions même nos masques. Vie élastique, tension bénigne, raccord flexible. L'autre n'avait jamais était si proche de nous, si éloigné de lui-même si bien qu'à la fin, peaux de cordes ténues aidant, tous s'accordaient dans une immense joie morbide.

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