• Codsworth
    Codsworth
    2023-06-26

    Démonstration par A+B du fameux adage de Montaigne « _Science sans conscience n'est que ruine de l'âme _»

    Ou de comment un scientifique, aussi brillant soit-il dans son domaine, n'échappe pas à l'aveuglement idéologique à partir du moment où il en sort...

    Réalité voilée ... attaque du réalisme ... au bout de 4 minutes à peine : on sait déjà qu'on a à faire à un disciple de Heidegger, et donc à un bourgeois réactionnaire qui va nier la réalité au profit de sa seule petite subjectivité. Exactement comme l'explique Lukàcs dans son remarquable ouvrage La destruction de la raison :

    « En tout cas, ce dont il est question pour Hegel dans ce contexte, c'est des limites des déterminations de l'intellect, de leur caractère contradictoire, de l'élargissement et de la progression du mouvement dialectique qui nait ainsi en direction de la raison. Hegel écrit à propos de la géométrie : « Elle se heurte pourtant en son cours, ce qui est très remarquable, finalement à des données incommensurables et irrationnelles, où, si elle veut aller plus loin dans l'acte de déterminer, elle est poussée au delà du principe propre de l'entendement. Ici aussi, comme souvent ailleurs, se présente dans la terminologie l'inversion consistant en ce que ce qui est nommé rationnel est ce qui relève de l'entendement, alors que ce qui est nommé irrationnel est bien plutôt un commencement et une trace de rationalité . »
    [...]
    Ce sont précisément, les problèmes qui naissent des limites et des contradictions de la pensée limitée à l'entendement. Se heurter à ces limites peut représenter pour la pensée humaine le point de départ d'un progrès de la pensée, de la dialectique lorsqu'elle voit un problème à résoudre, et comme le remarque Hegel à juste titre, qu'elle y voit « un commencement et une trace de rationalité », c'est à dire d'une connaissance plus élevée. L'irrationalisme, en revanche s'arrête précisément à ce point, absolutise le problème, figes les bornes de la connaissance par le simple entendement comme bornes de la connaissance en général, et mystifie ainsi le problème artificiellement rendu insoluble en lui donnant une réponse « par delà le rationnel ». Identifier l'entendement et la connaissance de ses limites avec des limites de la connaissance en général, le recours à un « au delà de la raison » (intuition, etc.) là où il est possible et nécessaire de progresser jusqu'à une connaissance rationnelle, telles sont les caractéristiques constantes de l'irrationalisme philosophique.
    Ce que Hegel met ici en lumière grâce à un important exemple constitue l'une des questions centrales de la méthode dialectique. Il désigne le « royaume des lois » comme « le reflet immobile du monde existant ou apparent ». C'est pourquoi - pour ne faire ici qu'effleurer une de ses argumentations les plus essentielles - « le phénomène est donc par rapport à la loi la totalité car il contient la loi, mais plus encore, c'est à dire le moment de la forme qui se meut elle-même ». Hegel a ainsi élaboré les moments logiques les plus généraux qui constituent la tendance la plus progressiste de la méthode dialectique : le caractère d'approximation de la connaissance. Et Lénine qui découvre cette facette essentielle de la méthode dialectique, une dialectique bien entendu matérialiste et débarrassée des entraves idéalistes de Hegel, souligne énergiquement l'importance de ces analyses : « C'est une définition (avec le mot "immobile") parfaitement matérialiste et remarquablement juste. La loi ne saisit que l'aspect immobile - c'est pourquoi la loi, toute loi, est étroite, incomplète, approximative ».'' » - Georg Lukàcs - La destruction de la raison.

    Ces bourgeois sont indécrottables à vouloir sans cesse se réfugier dans leur solipsisme, et nier le monde réel afin de ne pas vouloir savoir la réalité de leur propres conditions d'existence : l'exploitation d'une classe par une autre.

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